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Jeudi 5 Novembre - 56ème chronique  -  par Webmaster

LA CHRONIQUE DU COUSIN JACQUES
ME REVOILA AVEC VOUS POUR UNE SEULE CHRONIQUE : C’EST PROMIS

2020-11-05-Confinement.jpgL’été est passé, l’automne bien avancé et nous voilà de nouveau REconfiné pour une durée indéterminée. Je n’ai pas pu résister, les doigts me démangeaient, dès que j’apercevais un clavier de PC, alors j’ai cédé parce que je garde, malgré l’éloignement, le souvenir chaleureux de ce premier confinement où j’ai parlé de moi et où certains ont dévoilé leurs envies, leurs passions et confié, au Blog du club, leurs textes mais aussi leurs “ Tronches de Confinés “. 

Cette chronique sera unique car, même si j’ai d’autres aventures à raconter, je n’en éprouve pas le besoin. Je voudrais juste rappeler, à tous ceux qui ont apprécié mes écritures de Mars à Juin, que s’était installée une large communication qui resserrait les liens, que nous avions ébauchés autour d’une passion commune : le billard. Je serais très heureux que cette communication essentiellement téléphonique perdure le temps du confinement pour que nous gardions cette notion d’appartenance à une “famille“ qui dans sa diversité existe et vit même si la rencontre autour du jeu n’est plus possible.

2020-11-05-03.jpgJe suis loin de vous, Internet fonctionne très mal, la 4G est épisodique mais de temps à autre j’arrive à contacter l’un ou l’autre pour dire que je suis toujours là, même si ma vie a changé. Ici dans les Cévennes, l’éloignement de la ville permet de prendre du recul dans un cadre où l’on peut méditer, se ressourcer et profiter de la nature. On apprécie mieux les changements de saison, on mesure le temps autrement et on ne se disperse pas à courir à droite, à gauche, on va à l’essentiel : entretenir le feu, préparer le jardin pour l’année prochaine, parler simplement avec les voisins du quotidien,  donner un coup de main aux membres de la famille, grouper les achats pour ne pas passer un temps fou sur la route et partager quelques soirées avec ceux qui nous entourent en décortiquant les châtaignes  ou en coupant les cèpes pour les faire sécher.

2020-11-05-01.jpeg

Même loin de la ville, nous ne sommes pas éloignés des réalités, nous lisons plus, nous nous sentons plus investis dans la préservation de nôtre espace naturel, plus accrochés à nos territoires, loin d’une vie urbaine qui ne donne, à de nombreux citadins, ni les moyens ni le temps de s’intéresser à autre chose qu’à un quotidien fait de transports, de travail et  de contraintes familiales ou économiques.

Ce choix de vie n’est pas un retour vers le passé, celui qu’ont vécu nos grands parents, la maison est agréable, bien isolée, convenablement éclairée et chauffée, offerte, chaque jour de beau temps, à un soleil qui réchauffe vite l’atmosphère, mais aussi les murs.

Renée participe activement à la vie municipale, je prépare la construction de ma salle de billard pour être autonome et pouvoir pratiquer sans avoir besoin de faire des heures de voiture.

2020-11-05-02.jpegPour en revenir au confinement, j’espère qu’il ne va pas s’éterniser, que vous saurez tous échapper à ce vilain virus, qui ne fait de cadeau à personne. N’oublions pas de le combattre activement en étant prudent et responsable. L’avenir n’est pas bouché, même pour nous les vieux, si nous savons être solidaires. Bien souvent un simple coup de fil est très efficace pour rompre l’isolement des plus démunis.

Je dis à Boris que dans cette période difficile, il va devoir mobiliser tous ceux qui ont envie que l’ABOL soit un club vivant et entreprenant.

J’arrête là mes divagations de deuxième confinement, je suis de tout cœur avec tous ceux qui ont en main les destinées de cette “Carambole“ qui nous tient debout.  

Jacques CUZIN

Aurevoir.jpg

FIN !

 

Publié le 05/11/2020 @ 17:53  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Mercredi 29 Juillet - 55ème chronique  -  par Webmaster

55ème Chronique du Cousin Jacques : Celle que je vous avais promise depuis juin

Ma_tronche_de_confine.jpgEt voilà, cette fois, c’est l’ultime bavardage  du “Cousin Jacques“ qui redevient Jacques Cuzin sociétaire de l’ABOL.

Fini de m’attabler chaque matin pour écrire et illustrer ce qui m’a permis de garder un contact vivant avec tous ceux, que mes petites histoires ont pu distraire ou amuser, dans cette période d’ enfermement que chacun a subi ou aménagé à sa “sauce“. De ce que j’en sais, certains  ont fait des travaux chez eux, d’autres se sont réfugiés à la campagne et ceux qui n’avaient ni téléphone, ni internet se sont somptueusement “emmerdés“.

Pour moi, ce fut un travail mémoriel intense, qui m’a fait mesurer combien à l’occasion  d’opportunités souvent fortuites, j’avais osé m’engager dans des projets si différents. Je n’ai jamais eu l’esprit carriériste et n’ai jamais envisagé une vie professionnelle, en ligne droite, jusqu'à la retraite. J’ai fait du slalom, gardant soigneusement mes idées, défendant mes valeurs et étant toujours ouvert aux autres. Avec ça on peut voyager, rester un peu jeune et s’ouvrir des chemins de plaisir au travail, dans des configurations très diverses.

Pour conclure cette intro un peu égocentrée, je tourne aujourd’hui une nouvelle page.

Depuis huit jours, emménagement dans les Cévennes, fin de la vie Lyonnaise et de tous ses attraits culturels, que je vais un peu regretter. Mais finies aussi toutes ces tentations à consommer toujours plus, avec des offres pléthoriques et des sollicitations permanentes.

Ici la vie est simple, on est en prise directe avec la nature : les sangliers labourent le bas du pré, le blaireau aime les légumes du potager, la famille chevreuil déguste l’écorce des jeunes arbres, le grand lézard vert collectionne les fraises et le chien essaie de faire régner la paix, courant et aboyant comme un forcené. Dans les moments de calme on perçoit le murmure de la rivière, le chant des oiseau et le bruissement des insectes volants qui butinent les fleurs devant la maison.

Maison_Cuzin_Cevennes.jpg

On prend son temps, pour débroussailler à la fraîche, ranger le bois pour l’hiver, faire tranquillement les courses au village en papotant, cuisiner simple mais bon et dormir sans le bruit des autos ou la pétarade des gros cubes.

Pourquoi  alors être pressé, on a toute la retraite devant soi. A deux, on prend un rythme de vie plus apaisé, on passe du temps à regarder ce qui nous entoure, à savourer ce bien être qui nous donne un nouvel équilibre. Mais pour autant, nous ne sommes, ni immobiles, ni coupés du monde, parce qu’ici comme ailleurs, les contraintes de la société sont les mêmes, mais quoiqu’il en soit, on a le recul nécessaire pour ne pas les laisser nous envahir.

Nos chers Politiques (un peu politiciens ?) nous promettent d’ouvrir un nouveau chemin, faut-il leur faire confiance alors que tant d’anciens sentiers sont en friche. Il est nécessaire, disent-ils, de voir loin, d’investir à long terme, avec des réformes d’ampleur, dont on ne perçoit pas trop les avantages immédiats, qu’elles pourraient offrir à nous, mais aussi à nos enfants. Si voir loin c’est 2022, je crois qu’on peut se faire du souci quant à l’opportunité de tout bouleverser au « pas de charge » et même si les mentalités et les pratiques ne changent pas vite, on peut quand même constater bon nombre de bouleversements dans les vingt dernières années et une accélération continue des contraintes qui nous sont imposées. S’il vous plait, laissez nous le temps de vivre, un peu.

Uzes.jpgUne grande aventure : les Recyclades d’Uzès (19 et fin)

Après, ce premier voyage Malgache, quelques escales au Maroc, au Mali, au Sénégal et une conférence de Presse à la Maison du Gard à Paris, ce fut la mise en œuvre de toute la logistique qui occupa la majorité de nôtre temps. L’animation dans les écoles et les collèges ne faiblissait pas et les animatrices faisaient un excellent travail, au vu des productions qu’elles  accumulaient en prévision de l’exposition des travaux d’élèves.

La mise en place définitive nous prit un bon mois, mais quinze jours avant l’inauguration tout était prêt. Nous avions bouclé l’accueil des artisans et trouvé pour chacun une famille d’accueil. Les Uzétiens avaient joué le jeu et nous avions notamment reçu un sérieux “coup de main“ de la communauté protestante qui  fit preuve d’une grande ouverture d’esprit.

UZES-cour-eveche.jpgLe matin de l’inauguration vers 11h, le porche de la Cour de l’Évêché était ceint d’un rideau de canettes multicolores. Quand les autorités coupèrent le ruban celui-ci s’effaça dans un tintamarre de sonorités joyeuses, pour leur livrer la cour et ses installations. Ce fut un grand moment pour le Maire d’Uzès qui parut très fier de faire visiter à tous les invités le travail que nous avions réalisé. Tout au long de l’exposition, la cour ne désemplit jamais et ce furent des milliers de visiteurs qui purent découvrir les artisans au travail, les objets recyclés du monde entier, les animations d’Emaus International, les travaux des élèves, une exposition d’un artiste Héraultais qui avait conçu un trio de Jazz en fer recyclé, animé par un moteur électrique et produisant de la musique.

Nous eûmes les honneurs de la presse locale, nationale et même étrangère. Les radios s’en donnèrent à cœur joie et Daniel Mermet nous consacra une émission de “La bas si j’y suis“  sur France Inter. Les télévisions européennes, dont la BBC couvrirent la manifestation au delà de nos espérances.

Chaque jour débutait de manière originale, à 8h du matin, les recycleurs allaient faire le tour des décharges du Canton pour tenter d’y trouver de la matière première, pour leurs travaux de la journée : ils ne furent jamais bredouille et s’extasièrent des trésors qu’ils y découvrirent. A midi, un jeune restaurateur Thaïlandais cuisinait pour tous les exposants et les organisateurs.

En soirée, chacun rentrait dans sa famille d’accueil, mais bien souvent les familles se réunissaient et c’était la fête, avec chants danses et palabres jusque tard dans la nuit.

Pour écouler la production, nous avions ouvert une boutique où nous vendions les objets réalisés. Nous ne laissions pas le droit aux artisans de vendre eux mêmes, car ils n’avaient aucune notion des prix pratiqués en France. Nous gardions 10% des ventes pour l’Association et nous leur remettions chaque soir les 90% qui leur revenaient. Ils étaient stupéfaits de constater la valeur que nous attribuions à leur travail: certains sont rentrés chez eux avec 12 ou 15 mille francs, ce qui représentait une fortune, dans leur pays.

Le départ fut difficile et l’émotion très forte, car nous savions que cette aventure était proche de sa fin, même si nous avions sollicité de nouvelles subventions pour organiser des rencontres entre pays du sud, pour des échanges de techniques de recyclage notamment dans la filière plastique. Ces subventions nous ne les obtinrent pas. Après quelques expositions des objets  dans des salons dédiés au recyclage, nous clôturâmes  les Recyclades.

La ville d’Uzès fut la principale bénéficiaire de cette manifestation par la notoriété qu’elle lui procura. J’en retirais personnellement,  l’immense plaisir d’avoir rencontré des femmes et des hommes extraordinaires, qui face à la pauvreté ont su, avec leur intelligence pratique, exploiter les déchets de nos industries pour en faire les objets (d’art) de leur quotidien.  Aujourd’hui encore, je leur voue ma plus grande admiration. Peu après ma vie a pris un autre chemin, mais 26 ans après je suis toujours comblé d’avoir eu la chance de vivre et de partager avec des gens de tous les continents cette  grande aventure que furent Les Recyclades d’Uzès.

Aurevoir.jpg

FIN !

 

Publié le 29/07/2020 @ 13:27  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Vendredi 5 Juin - 54ème chronique  -  par Webmaster

ABOL confinée, ABOL déconfinée, mais ABOL libérée !!

Le retour temporaire des chroniques du Cousin Jacques (54ème)

Homme_sur_billard.jpgENTREZ C’EST TOUT VERT, OH PARDON C’EST TOUT VERS, NON C’EST OUVERT !!!

Dès ce matin nous avons la possibilité de taper dans les billes, de retrouver quelques copains ou partenaires, mais il y a une première  condition impérative : Ne pas venir au club sans réserver son jour et son horaire de jeu, sur le site de réservation en ligne mis en place par le club : C’est comme chez le toubib, chacun son tour.

Chaque créneau horaire ne pourra être occupé que par dix joueurs maximum à raison de deux joueurs par table.Top_10.jpg Vous pouvez vous organiser avec un partenaire pour réserver ensemble le créneau que vous convoitez à condition qu’il y ait deux places disponibles.

DHorlog3.gifVous avez obtenu le créneau qui vous convient, n’arrivez au club que  5 minutes avant l’heure choisie, muni de vôtre matériel personnel, en ayant pris la précaution de pré remplir vôtre ticket bleu*, que vous piquerez à sa place habituelle. Dès vôtre entrée dans le Hall d’accueil, masquez-vous et restez ainsi couvert en permanence, jusqu’à  vôtre départ. En sortant jetez vôtre masque dans la poubelle prévue à cet effet.

Ceci dit, première mesure de sécurité : Lavez vous les mains au savon ou au gel Hydro alcoolique. Vous vous dites surement, nom d’un chien quand est ce que je vais pouvoir jouer ? Patience encore quelques petites choses à mettre en œuvre.

Lave-billes.jpg

En premier suivre les flèches de marquage au sol pour gagner le billard que vous avez retenu, numéroté de 1 à 10 selon le plan habituel des éclairages. Chaque joueur choisit sa chaise et la garde toute la partie. Préparez vos armes : sortez vos queues, enfilez vôtre gant, préparez vôtre bleu, que vous garderez jalousement pour vous seul. Les billes nettoyées par vos prédécesseurs, seront dans leur boîte, posez les sur le billard sans les toucher. Celui qui les met en place pour le tirage, sera le seul à les toucher pour toute la partie, son partenaire aura, seul, la gestion du tableau de marque. Pour savoir qui va commencer, le tirage se fera chacun à son tour, l’un après l’autre, jamais ensemble. Le jeu peut commencer, libérez-vous oubliez le Stress, savourez le plaisir retrouvé, mais ne jouez que quand vôtre adversaire s’est assis après avoir terminé sa série ou fait zéro.

Quand la partie est terminée, à l’aide des lingettes que vous trouverez sur les tablettes du billard, essuyez les bords de votre table, nettoyez le tableau de marque (les touches, mais pas les afficheurs électroniques !) que vous avez utilisé  et remettez le à zéro.

Gestes-COVID.jpgQuittez la salle en suivant le sens de circulation. Avant de partir, lavez vous les mains, sans quitter vôtre masque. Vous pourrez jeter celui-ci à la sortie du club.

Pour garder les bonnes habitudes et attitudes ne vous serrez pas la main, restez à au moins  un mètre de votre partenaire ou de toute personne que vous croisez dans la salle.

Autres petits détails pratiques, le Bar est pour l'instant fermé et les chaises et les tabourets ont disparu. Pas question de rester accoudé au comptoir.

Seules boissons autorisées les sodas en canette, chacun la sienne et personne d’autre n’y touche. Exceptionnellement  il est autorisé de transporter ces boissons non alcoolisées dans la salle. N’oubliez pas de les mettre à la poubelle avant de partir.

Détails Pratiques :

Il y aura dans la mesure du possible un permanent, comme avant la Covid, il délivrera les tickets bleus et jaunes, comme avant le virus.

Si vous n’avez pas de masque, vous pouvez en acheter un contre deux  tickets  jaunes.

Je vous rappelle les créneaux horaires/

Matin :   9h – 11h                 Après Midi :   14h – 16h

             11h – 12h 30                                  16h – 18h

                                                                 18H – 20h

VOILA C’EST A VOUS, PRENEZ DU PLAISIR. N’OUBLIEZ PAS DE BIEN RESPECTER LES CONSIGNES. LA MAIRIE PEUT ORGANISER DES CONTROLES A TOUT MOMENT ET FAIRE FERMER LA SALLE SI ELLE CONSTATE LA MOINDRE DERIVE.

     POUR MOI, C’EST FINI, MERCI DE VOTRE FIDELITE, A BIENTOT DANS LA SALLE !

Annotation_2020-04-03_113958.jpg   Covid-Beatles.jpg   Birds-Covid.jpg

 

Publié le 05/06/2020 @ 12:09  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Jeudi 4 Juin - 53ème chronique  -  par Webmaster

Reprise temporaire des chroniques du Cousin Jacques (53ème)

Pluie.jpgVoilà la pluie et le retour d’un temps frais, la vie reprend doucement son cours, émaillée d’interrogations et de colères de tous ceux qui se sentent lésés ou abandonnés. Comment redémarrer nôtre économie, ne pas perdre trop d’emplois, sans pour autant oublier la nécessité de continuer à gérer le défi climatique et son urgence à contrôler la montée du réchauffement.

L’ Eco-anxiété sera-t-elle le moteur suffisant pour arrêter la dégradation permanente de nôtre environnement. Je suis triste de voir, même dans les Cévennes, comment on gère la forêt coupant sans relâche des arbres pour faire du papier, des planches ou des poutres. Nos grands parents géraient leur patrimoine avec respect ne prélevant que le strict nécessaire à leur consommation quotidienne. Aujourd’hui la demande est telle que nos ressources naturelles ne suffisent plus à répondre à nos besoins.

Intellectuellement, je n’arrive pas à imaginer des solutions équilibrées qui satisferaient toutes les composantes de la société. Ce qui est sur c’est que je m’inquiète sérieusement pour les générations futures.

Une extraordinaire aventure : les Recyclades d’Uzès (18).

Rugby1-Makis.jpgJe passai comme annoncé mon dimanche après midi au stade de rugby et je pus voir les meilleurs équipes de la capitale, qui m’offrirent un excellent moment de rugby avec notamment des internationaux de l’équipe Malgache nommée les “Makis de Madagascar“ les makis sont des lémuriens.
En venant deux fois de suite je m’étais fait remarqué, le Président de la Fédération me fit l’honneur de m’inviter à ses côtés et il me proposa même d’aller serrer la main des joueurs avec lui, invitation que je déclinais car je ne représentais rien, ni personne.
Rugby2-Makis.jpgJ’ai compris plus tard son intention, lorsqu’il me parla de la difficulté pour les clubs d’acheter du matériel de base comme les chaussures, les maillots et les ballons. Expédier ce genre d’objets de France n’était pas une bonne solution et tout risquait fort de disparaître avant d’arriver à bon port. Cinq ans plus tard, lorsque je fus à la Réunion et que j’eus pris contact avec les clubs locaux, je m’aperçus qu’il y avait un réseau d’aide au rugby malgache et j’y participai notamment pour équiper les équipes de jeunes dans le cadre de l’opération “ Rugby, école de la vie“.

Tananarive n’est pas qu’une ville de misère, il y au bout de l’allée de l’indépendance une volée de marches qui conduit au sommet de la colline vers des lieux chics et réputés. Ces marches sont aussi un marché permanent de l’occasion ou du recyclage, de réparations ou de création d’objets insolite.
J’y ai acheté pour quelques francs français des lunettes de vue neuves qui venaient sans doute d’un défunt. Recharger un briquet quelque soit le modèle y était un jeu d’enfant. Plus insolite : la fabrication de tampons de toutes sortes. J’avais sur moi un document créé à Uzès et orné du tampon du Maire avec la Marianne.
Pour rire je demandai au jeune créateur de me le reproduire, il me répondit : “pas de problème reviens dans une heure ce sera fait“. Effectivement j’eus entre les mains ce tampon officiel pour la modique somme de 10FF. A mon retour, je l’ai offert au Maire de la Cité Ducale qui n’en crut pas ses yeux tant l’imitation était parfaite. 

En haut des marches, il y a le célèbre “Colbert“ bar, hôtel, restaurant de grande classe connut de toutes les personnalités qui viennent à Tana. Bodo, m’y donnait rendez-vous pour y boire un café avant de plonger en taxi vers la ville basse, pour retrouver les artisans recycleurs. Je ne suis pas un fana de ce type d’endroit, mais chaque fois que je suis à Tana, je vais à la “Brasserie du Colbert“ pour y déguster le “Tartare de Zébu“, qui est pour moi ce qui se fait de mieux, avec des saveurs que je n’ai trouvées nulle part ailleurs. C’est le filet de Zébu tendre et muri à point qui fait toute la différence et ce régal ne coûtait, en 1993, que 20FF. 
Romazava.jpgDans  ce quartier il y a de nombreux restaurants de qualité où l’on peut déguster le foie gras malgache, des girolles au vinaigre de framboise (en saison) et bien sur des spécialités malgaches comme le Romazava  et l’incontournable Ravitoto : vous trouverez ces recettes sur le net.

Tananarive, c’est aussi une ville qui vit la nuit, il y a de nombreux clubs dont l’incontournable “Indra“. C’est une boîte classique, la musique y est correcte, mais c’est envahi de jeunes femmes très charmantes qui cherchent un client pour des prestations tarifées. Que vous soyez seul ou accompagné, elles ne vous lâchent pas et c’est vite insupportable de dire non 30 fois dans la soirée, quand on n’est pas venu pour ça.  Sortir à Tana, seul le soir, peut s’avérer risqué, il est prudent de prendre un taxi. Personnellement, je procédais autrement, j’embauchais un jeune du coin et me déplaçais avec lui, étant payé, il évitait toutes les embrouilles qui peuvent devenir vite agressives et je n’ai jamais eu aucun problème.

Les trois semaines terminées, je repris l’avion vers la France avec un surplus de bagages très important, vu les achats que j’avais réalisés. A mon arrivée à Paris Les douaniers m’ont regardé passer d’un air suspicieux, mais c’était très tôt le matin et ils ne m’ont crée aucun souci.

Hotel-des-thermes-Antsirabe.jpgDe ce premier voyage sur la grande ile, je garde d’autres souvenirs : deux jours à Antsirabé, déplacement en train et nuit à l’hôtel des Thermes où j’ai pu, pour une somme très modeste, passer la nuit dans la suite qui a accueilli le roi du Maroc Mohamed V, en exil dans les années 50. Antsirabé, c’était la villégiature des gens aisés de Tananarive, ils venaient pour le climat plus frais, les thermes, le casino et les splendides promenades dans les montagnes des environs.  La ville d'Antsirabe est aujourd'hui l'un des plus grands centres industriel du pays avec, en particulier, la plus importante entreprise textile de l'île, qui emploie 4 000 personnes. Le  groupe Star y produit la THB  bière nationale malgache. C’est aussi la capitale des pousse pousses.

Autre évènement très fort, vécu grâce à un ami de José : une cérémonie de retournement des morts. retournement-des-morts.jpg
Selon la philosophie malgache, les âmes des défunts ne rejoignent définitivement le monde des ancêtres qu'après la décomposition complète du corps. L’attente  peut durer sept ans ou plus selon la richesse de la famille. Le rituel consiste à déterrer les os des ancêtres, à les envelopper dans des tissus frais  et à les promener en dansant autour de la tombe avant de les enterrer à nouveau. C’est une grande fête, un peu macabre pour nous, qui réunit tous les membres de la famille, à cette occasion, les linceuls de soie qui entourent les restes mortuaires sont renouvelés. La cérémonie est joyeuse, musicale et largement alcoolisée.

(A suivre)

Pousse-pousses-Antsirabe.jpg         Photo_anonyme.jpg

Pousse-pousse d'Antsirabé        Ca ne s'invente pas !!!

 

Publié le 04/06/2020 @ 14:14  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Mercredi 3 Juin - 52ème chronique  -  par Webmaster

Reprise temporaire des chroniques du Cousin Jacques (52ème)

SAVE_20200602_203353.jpgHier soir j’ai rouvert mon restaurant et pour respecter les règles en vigueur, j’ai servi le  repas en terrasse : salade verte, poulet bio élevé en plein air, petits légumes de saison en julienne, déglacée au vin blanc, avec un soupçon de crème fraîche (carottes, petits pois, poireaux, céleri, courgette, haricots verts, oignons, ail), tome de brebis du Larzac, clafoutis aux cerises Burlat bien mures,  agrémenté de griottes confites dans le marc de Bourgogne avec une Chantilly maison à la crème entière et petite infusion de verveine pour une nuit sereine. Un repas en amoureux loin de la foule, sur une terrasse entourée des chants harmonieux des oiseaux, qui chaque soir nous gratifient d’un concert de trilles qui nous ravit.

Pour parler d’autre chose, je suis comme beaucoup, interpellé par les images et les commentaires autour de la mort atroce de Georges Floyd aux USA. Décidément l’Amérique de Trump vit des moments dramatiques entre un Coronavirus qui tue 100.000 personnes, une police qui a la gâchette facile et qui utilise systématiquement la force d’une manière létale pour interpeller.
Ce terrible fait divers relance les discours sur le racisme et certains comme Eric Zemour sur Cnews en profitent pour afficher des idées qui mettent de l’huile sur le feu au lieu de calmer le jeu. Jacques Toubon le défenseur des Droits vient de rendre un rapport qui souligne les pressions qu’imposent, de manière indue, certains policiers. Nôtre Ministre de l’intérieur vient de déclarer : “ la démocratie, ce n’est pas la violence“, il a raison, mais comment peut-il dire cela ,après la violence policière qui a émaillé les manifestations pour la défense des retraites, où des retraités pacifiques, dont j’étais, ont été noyés sous une avalanche de grenades lacrymogènes.
Les discours outranciers et les violences d’où qu’elles viennent ne sont jamais porteurs d’avancées sociales. Profitons calmement de cette période de déconfinement, estimons-nous heureux d’être indemnes du virus et “en même temps“ restons vigilants sur ces lendemains de crise qui s’annoncent difficiles. 

 

Aujourd’hui, je suis un peu triste en apprenant la mort de Jean Marie Massou, cet ermite qui a vécu 45 ans en solitaire dans la  forêt de Marminiac, petite commune du Lot non loin de Gourdon. Il a construit un monde souterrain secret, creusant des puits, des galeries et même un gouffre, à la recherche d’un monde meilleur. Homme simple, il aimait par dessus tout la pierre de cette forêt, faisait des collages, chantait et ne demandait rien à personne. IL est mort seul au pied de son lit, dans le calme de cette nature qu’il a aménagée à son image sans jamais la profaner ni la détruire. Salut l’Ami.

Une aventure extraordinaire : Les Recyclades d’Uzès (17)

Tana-Pauvrete.jpgAvec mon nouvel ami José, le ferronnier, nous avons parcouru les quartiers pauvres de Tananarive : les 67 hectares et Andohatapenaka. Dans des habitations étroites vétustes et insalubres s’abrite, précairement, toute une population pauvre vivant au jour le jour de petits travaux. Avec de vieux poussepousses, des charrettes brinquebalantes ils transportent des marchandises aux quatre coins de la ville pour quelques francs malgaches. Pour la plus part ce sont des ruraux qui ont quitté les hauts plateaux où ils ne pouvaient plus vivre décemment de la culture du riz, ils ont abandonné leurs rizières, vendu leur Zébu.
Dans ces quartiers il y a une population jeune très importante et les familles nombreuses ne sont pas rares. Il y règne une ambiance résignée, comme si rien de pire ne pouvait arriver, tout s’y achète à l’unité. Quelques maisons ont l’électricité, mais les lampes à huile sont souvent le seul mode d’éclairage, les plafonds sont noircis par la fumée, car la cuisine se fait aussi au feu de bois. Toute la famille vit et dort dans la même pièce sur des nattes. Tout au long des rues étroites, de nombreuses petites échoppes proposent l’indispensable, nécessaire à la vie quotidienne. C’est un marché permanent, une activité incessante et malgré la misère il n’y a aucune violence, je m’y suis souvent promené à toutes les heures du jour et de la nuit et même avec mon fils de quatre ans, petit blond qui suscitait sympathie et sourires dans ces endroits où les Vahazas ne viennent jamais.

Je vous parlent de ces endroits pour deux raisons : tout d’abord, j’y ai rencontré les animateurs du CDA (Conseil de Développement d’Andohatapenaka), ONG malgache avec laquelle j’allais quelques années plus tard travailler lorsque j’amenais de jeunes Réunionnais faire des chantiers à Madagascar. José Ranaivo, le directeur du CDA devint un ami avec lequel j’ai partagé de longs moments à réfléchir sur l’avenir de ces quartiers et que j’ai accueilli plusieurs mois, à la maison, quand il a entamé un DESS à l’IRTS (Institut Régional du Travail Social) de  la Réunion.  Devenu ministre des Affaires Sociales du Président Ravaolomanana, il est décédé brutalement d’un arrêt cardiaque deux ans plus tard et j’ai perdu là un ami qui a consacré sa vie aux pauvres de Tana et leur a offert une structure de formation et d’enseignement où ils ont pu retrouver leur dignité, par le travail.

B19LAFR0014.jpgLa deuxième raison de cet “a parte“, c’est que dans ces quartiers les jeunes et même les enfants sont passionnés de Rugby  qu’ils pratiquent nu pieds dans de petits espaces au milieu des bidons villes. Le rugby à Tana, c’est une institution, il y a dans cette ville  160 clubs de quartiers, vous avez bien lu 160 !!, je n’avais en arrivant à Mada aucune idée de cela, moi qui était secrétaire du club d’Uzès, j’ai immédiatement demandé à José de me dire où je pouvais assister à des matchs. Il m’a donné rendez-vous le samedi suivant, devant la gare, à 9 heures pour aller au stade.
Ce lieu emblématique de l’ovalie, c’est “Le Stade des Cheminots“, situé derrière les voies ferrées d’ou son nom. Quand nous y arrivons toutes les tribunes sont quasiment pleines et le nombre d’enfants y est impressionnant. José m’explique que l’entrée est gratuite pour  eux à la différence du foot où il faut payer et il poursuit en me donnant le programme des rencontres qui se déroulent sans interruption du matin au soir, le samedi et le dimanche avec un stade toujours plein, chaque quartier venant soutenir son équipe. J’invite José à s’installer dans la tribune près des officiels, mais il refuse préférant rejoindre les supporters de son quartier.
Quand les équipes entrent sur le terrain pour l’échauffement, je suis surpris de voir qu’elles utilisent toutes les deux le même côté du terrain. J’interroge mon voisin sur un tel choix : il me montre alors un petit Monsieur au bord du terrain, agenouillé dans l’herbe dans une posture de prière et m’explique : “c’est le Gourou, le sorcier, il interroge les ancêtres et les divinités pour savoir quel est le meilleur endroit pour s’échauffer et c’est lui qui décide ".

Le match commence, seuls les piliers et les 2ème ligne ont des crampons et tous les autres sont pieds nus.  Les gabarits Malgaches ne sont pas les nôtres, les avants sont petits et rablés, mais très solides, derrières ce sont des lièvres infatigables qui usent  du crochet, du contre pieds et de leur vitesse. Les plaquages sont rudes, ça parle beaucoup tandis que dans les tribunes les supporters échangent des propos pleins d’humour et des “amabilités“.  Une pénalité vient d’être sifflée, le joueur va poser son ballon et le petit Monsieur Sorcier, Gourou est à ses côtés faisant des gestes incantatoires. Le ballon frappé s’élève et part vers la droite des poteaux puis décrit une jolie courbe vers la gauche pour passer entre les perches. Mon voisin exulte et m’explique que c’est les forces invoquées par le petit Monsieur Gourou Sorcier qui ont ramené le ballon entre les barres. Pour ma part je suis sur que c’est l’effet donné au ballon et le vent qui ont fait le boulot, mais je me garde bien de lui donner cette interprétation trop terre à terre.

A la mi-temps spectacle : aujourd’hui c’est un homme fort qui tire un camion avec câble serré dans sa mâchoire. Là encore les encouragements et les vociférations du Sorcier sont les garants de la réussite, sous les acclamations de la foule.

Le match s’achève normalement et déjà les deux équipes suivantes sont sur le terrain. Je passe la matinée au Stade et avant de partir déjeuner, je dis à José que je reviendrai le lendemain pour suivre les matchs des meilleures équipes de la ville.

(à suivre)

albertdubout.jpg 

Déconfinement à la Dubout   

 

Publié le 03/06/2020 @ 13:49  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Mardi 2 Juin - 51ème chronique  -  par Webmaster

SAVE_20200529_212109.jpg"C’est tellement long d’attendre que je me suis endormi".

Mais il n'a pas pu résister.
Il s'ennuyait trop devant son clavier lui aussi endormi,
qu'il a décidé de reprendre temporairement du service !

Reprise temporaire des Chroniques du Cousin Jacques (51ème)

Resto.jpgOuf, l’étau se desserre peu à peu et toutes les trois semaines de nouvelles libertés nous sont “offertes“.
Aujourd’hui c’est un jour qui va compter car enfin les bars et restaurants vont ouvrir avec des consignes encore très encadrées, au moins jusqu’au 21 juin, date des prochaines annonces, qui devraient ouvrir un “droit“ aux vacances pour ceux qui en ont encore les moyens (voir le bond du nombre de chômeurs) et avec plein d’incertitudes quant à la possibilité de voyager librement en Europe.

Pour le reste, c’est encore la panique dans les écoles, les collèges et les lycées qui doivent ouvrir en masse mais ne peuvent accueillir qu’ un quart ou un tiers de leurs effectifs pour respecter les protocoles imposés par l’Education Nationale.
Si je prends l’exemple du Lycée de mon épouse, tout avait été préparé pour que puissent se tenir les oraux de français des classes de 1ère et patatras le Ministère annule  tout et les efforts fournis pour convoquer des enseignants, réunir un jury, et convoquer les élèves n’auront servi à rien.
Que de temps perdu, que d’énergie dépensée en vain, alors qu’il est urgent de préparer la rentrée de septembre, de signer des contrats et de remettre en fonction internat et cantine. Pour l’Enseignement c’est un piètre résultat,  beaucoup d’enfants ne retourneront pas en classe avant septembre et   nombreux sont les parents qui n’ayant pas les moyens de rémunérer assistantes maternelles ou nounous,  ne pourront pas reprendre leur activité professionnelle.
Espérons que cette galère institutionnelle sera réglée pour la prochaine rentrée.

Mon havre de paix dans les CévennesPour l’Ascension, nous avons retrouvé nos Cévennes pour quatre jours, en toute légalité, car Renée était convoquée pour la mise en place du Conseil Municipal local. Quel bonheur de retrouver nôtre maison avec ses grands espaces et la vue magnifique sur le massif du Mont Lozère.
L’herbe avait poussé partout et quand j’ai commencé à débroussailler, à peine avais-je dégagé un petit espace, que cette fichue machine est tombée en panne. Au démontage, je me suis aperçu que les membranes du carburateur étaient fichues, donc j’en suis resté là. Rassurez vous ça ne nous a pas empêchés  de manger dehors avec la famille, réunie à cette occasion. Le confinement en Cévennes n’a rien à voir avec celui que nous avons vécu à Lyon, personne ou presque ne porte de masques, certains continuent à se faire la bise ou à se serrer la main. Et dans le secteur, il n’y a eu aucun cas de Coronavirus.

En retrouvant la vie Lyonnaise, j’ai compris que la campagne des municipales avait repris de plus belle avec ce coup de tonnerre provoqué par Gérard Colomb et sa nouvelle stratégie d’alliance avec le Président de la Région.  Que va produire cette union de la Carpe et du Lapin, nous le saurons à la fin du mois, mais je pense que nôtre ancien Ministre de l’Intérieur, joue là un coup de poker très risqué et je n’ai pas trouvé très respectueux ses propos sur les écologistes.

Une aventure extraordinaire : Les Recyclades d’Uzès (16)

Antananarivo, quel joli nom pour la mégapole malgache de 2 7OO OOO habitants, capitale de l’île Rouge, située sur les hautes terres de l’Imerina au centre de l’ile. C’est en 1832 que le Français Jean Laborde, installé dans la ville, lui donna un important essor  dans de nombreux domaines : mécanique, chimie ou architecture. C’est lui qui bâtit le Palais de la Reine dans la tradition malgache, tout en bois. Dès la fin du 19ème siècle, les européens commencèrent à construire des maisons en brique pour les riches commerçants installés en ville, aujourd’hui, nombre de ces bâtiments sont encore visibles. C’est en 1895 que les Français prirent la ville et la baptisèrent Tananarive. En 1896 Madagascar fut déclarée Colonie Française  et le resta  jusqu’en 1962.

Petits souvenirs recyclésCe séjour de trois semaines, me permit de découvrir la ville en profondeur en y cherchant les artisans recycleurs dont nous aurions besoin à Uzès. Mon choix fut difficile car il y a une telle production d’artisanat du recyclage  à Tana que je dus définir des critères plus précis pour pouvoir à la fois acheter un maximum d’objets pour l’exposition et trouver ceux qui accepteraient de se déplacer et dont la production complèterait de manière originale les ateliers que nous avions déjà retenus.
Finalement je retins une jeune femme qui créait des tapis originaux en tissant de manière artisanale les fibres des grands sacs de riz qu’elle récupérait à la décharge ou à la fin des marchés. Pour l’accompagner, je trouvai un artisan qui fabriquait de jolies lanternes, des lampes à huiles à partir d’ampoules électriques usagées et des petites voitures avec des canettes de boisson.

Lors de mes promenades, je découvris près de la gare de Soarana, un extraordinaire marché où on peut acheter un écrou, trois clous et plein de petits accessoires pour tous les moyens de transport : vélos, charrettes, voitures, mécaniques diverses. A même le trottoir, ce sont souvent des femmes ou des enfants qui tiennent ces petites échoppes et gagnent tout juste de quoi acheter un peu de riz et un petit verre d’huile pour cuire un minuscule morceau de poisson ou de poulet, ce qui constituera leur unique repas de la journée. Le petit peuple de Tana reste néanmoins rieur, blagueur et bavard.
Non loin de ces étalages sauvages se trouve un marché où les Vahazas (les étrangers) ne mettent jamais les pieds car il est réputé hostile, voire  dangereux. Bien sur j’y suis allé trainer mes guêtres et malgré un accueil très froid, je trouvai un jeune ferronnier sympa qui me fit visiter son atelier et m’offrit un café. Avec mes quelques mots de Malgaches et ses rudiments de Français nous parlâmes de son parcours.
Ses parents étaient riziculteurs  sur les hauts plateaux, ils vivaient bien et vendaient leur excellent riz (un des meilleur du monde) pour l’exportation vers les pays d’Extrême-Orient, mais quand le Président Ratsiraka fut élu, il limita les échanges commerciaux   aux pays socialistes et ses parents furent ruinés, car le marché local, très pauvre, ne lui permit plus de vivre décemment. Il continua à produire du riz mais uniquement pour sa consommation personnelle.
Comme beaucoup de jeunes, nôtre artisan dut immigrer vers la capitale pour essayer d’y trouver du travail. Avec ses compétences de forgeron, il put ouvrir un atelier et gagner modestement mais régulièrement sa vie. Beaucoup d’autres n’eurent pas cette opportunité et ils constituent une grande partie de la population miséreuse de la capitale.
Les jours suivants, je revins régulièrement dans ce marché et grâce à José qui avait parlé avec ses voisins, j’y fus toujours le bienvenu, car tous avaient compris que je m’intéressais à leur situation.  Je leur ai acheté des objets originaux fruit de leur extraordinaire inventivité.  C’est aussi en discutant avec José que je découvris le Rugby des quartiers de Tana et c’est un de mes grands souvenirs de ce premier voyage à Antananarivo.

(A suivre)   

 Un panier réalisé en pneu           Modèle unique de théière en
                                                   corne de Zébu, réalisé pour moi

SAVE_20200529_212033.jpg                SAVE_20200529_212056.jpg

  

 

Publié le 02/06/2020 @ 11:32  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Lundi 11 Mai - 50ème chronique  -  par Webmaster

Ma tronche de confiné : la mutation après déconfinement ! rolleyes  ça fait peur, hein ??

Galland-1.jpg     Galland-2.jpg   Galland-3.jpg    Galland-4.jpg
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50ème Chronique du Cousin Jacques – Lundi 11 Mai 202O

Jour-J.jpgAujourd’hui, c’est une grande première, retenez bien cette date, elle restera inscrite dans la mémoire collective de l’ABOL !!! 
50ème : C’EST MA DERNIERE CHRONIQUE DE CONFINE ! 
Eh oui ! Tout a une fin. Mon défi, c’était de tenir cinquante jours de suite en parlant de tout, de rien et de mes petites aventures. 
tongue

Joueurs.jpgOutre le pari personnel, ce qui m’importait c’était de maintenir un lien avec vous, de faire en sorte que même privés de nôtre jeu préféré, nous continuions à nous parler. Je remercie tous ceux qui ont participé à cet échange et ont contribué à sa réussite.
J’ ai un peu honte d’avoir imposé à Jean Michel le pensum d’une mise en œuvre quotidienne, je le remercie chaleureusement d’avoir joué le jeu en apportant, chaque jour, sa contribution personnelle.

biggrin Pour moi, ce n’est pas une fin définitive, je vais rester présent pour terminer le petit “feuilleton“ des Recyclades d’Uzès, qui vous l’avez compris, fut une extraordinaire expérience humaine, une nouvelle approche d’une relation sociale avec “le monde“ au contact de populations, qui m’ont appris le respect de la différence et l’humilité.

J’aurais pu vous raconter encore d’autres aventures : ma petite promenade à Moscou en vélomoteur, ma traversée de la Turquie avec ma chienne et ma vieille 4L et toutes mes rencontres, au fil d’ escapades en auto stop sur les chemins de l’Europe, mais je pense qu’il n’est pas opportun d’insister sous peine d’en faire une contrainte, plutôt qu’un plaisir.  

Sortie_de_cage.jpgAujourd’hui je suis plus un “déconfit-né“ !!!!, qu’une personne libérée des entraves imposées par ce virus inédit. Je peux certes me déplacer librement mais impossible de serrer la main des amis,  de prendre dans mes bras ceux que j’aime et que je n’ai pas vus depuis deux mois, ni aller dans les Cévennes, pour changer d’horizon, ne serait ce qu’un Week-End.
Je n’ai pas envie de sauter de joie, je reste plutôt circonspect quant au devenir de nôtre quotidien, quant au retour d’une vie sans autres entraves, que le respect d’autrui et des règles d’une démocratie vivante.

De toutes ces journées, retenu chez moi, j’ai pris du plaisir à regarder renaître la nature qui m’entoure. Hier matin deux perdreaux picoraient dans la gamelle du chien sur ma terrasse et un lièvre s’ébattait dans le pré. Dans quelques jours, ils ne seront sans doute plus là, tétanisés, dans leur repaire, par la reprise de la circulation et des activités humaines.
De nouveau, Lyon sera noyé dans la brume de la pollution et je verrai revenir les fumées de Saint Fons et Feyzin et j’entendrai régulièrement  passer les avions en phase d’atterrissage à Satolas. J’espère quand même que nous saurons retenir que cet épisode viral a rendu nôtre environnement plus vivable et qu’il nous aura fait prendre conscience des efforts que nous avons à fournir pour sauver nôtre planète.

Une aventure extraordinaire : Les Recyclades d’Uzès (15) : 

Aujourd’hui juste des photos des monuments de la capitale Malgaches, suite de mes découvertes à Tana demain.

Rova_di_Antananarivo.jpg     Antananarivo-570-2-2.jpg       Ambohimanga-4.jpg

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Et quelques pages d'humour : 

Annotation 2020-05-11 090937.jpg         daily-life-darth-vader-pawel-kadysz-7.jpg    Birds-Covid.jpg

 

Publié le 11/05/2020 @ 10:23  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Dimanche 10 Mai - 49ème chronique  -  par Webmaster

49ème Chronique du Cousin Jacques – Dimanche 10 Mai 2020
 
J-1.gif
Ce matin, le temps est gris et maussade, le soleil qui nous a réveillés toute cette semaine s’est caché derrière d’épais nuages, du coup la nature s’est un peu endormie, les oiseaux sont moins actifs, les grenouilles de l’étang ne coassent plus et les tourterelles ne roucoulent pas. C’est comme si tout c’était mis en réserve en attendant la grande libération annoncée pour demain. 

Starting-blocks-J-7.jpgIl me revient à l’esprit ces instants, où au départ d’une course je m’installe dans les starting-blocks, on fait le vide, concentré sur soi, avant  le « prêt » du Starter qui me met en tension extrême, avant le coup de feu libérateur de toute mon énergie. Pour moi, c’était magique, dans ce court instant, je n’avais en tête que ces huit premières foulées où je devais prendre le maximum de vitesse avant de passer la première haie et d’enchaîner 9 autres passages, toutes les 3 foulées, avec chaque fois une reprise de vitesse et l’explosion finale sur la courte distance qui me séparait de l’arrivée.

Pour demain je sens que beaucoup sont tendus avant le coup de feu libérateur, mais attention au faux départ et à la chute qui ne sont que l’expression d’un désir mal contrôlé . Alors moi, je vous le dis, je vais rester prêt, mais sans précipitation, je ne vais pas me ruer à l’assaut de cette “liberté conditionnelle“, je vais prendre mes marques, évaluer les avantages (plus d’autorisation, 100 km, commerces ouverts) et les inconvénients (difficultés des transports en commun, circulation auto intense…) et comme je n’ai pas de pression particulière, je ne vais pas aller encombrer, pour le plaisir d’une la relation sociale un peu factice (port du masque, on reste à 2 mètres sans contact….), tous ceux dont c’est l’obligation économique d’être en mouvement.

Une grande aventure : Les Recyclades d’Uzès (14)

Madagascar, une grande ile dont je rêvais depuis longtemps et que j’avais projeté de traverser à pieds au cours d’une grande randonnée solitaire, comme celle que j’avais réalisée en 1960 lors de ma traversée de la Laponie Norvégienne, pour revenir à la côte, après avoir suivi une famille de Lapons et son troupeau de rennes jusqu’à son lieu d’hivernage, tout près de la frontière Finlandaise.
J’en avais gardé un souvenir extraordinaire, 14 jours de marche dans un territoire où je n’ai croisé personne, marchant à la boussole vers l’ouest, me nourrissant de fruits secs, de morue séchée, de renne boucané et de truites, que je trouvais en abondance dans chaque rivière, accompagnées de pâtes ou de riz.
Solitude d’un p’tit gars de 19 ans, qui au dessus du cercle polaire arctique venait de passer 20 jours avec une famille Lapone et ses 4 000 rennes en route pour un hivernage traditionnel dans une cabane exiguë. Dans ces moments parfois difficiles physiquement, le sac était lourd, la nature capricieuse, c’est la volonté qui permet de tenir mais c’est aussi les rêves d’autres possibles qui t’animent.

Tana-ville-basse.jpgPour en revenir à ce voyage malgache, c’était plus terre à terre, il me fallait rester à Tananarive grande et belle capitale pour y trouver sur les marchés et dans les ateliers des artisans recycleurs prêts à vivre l’aventure que j’allais leur proposer.
Madagascar, ce n’est pas l’Afrique même si elle fait partie du continent africain géographiquement parlant, continent dont elle s’est détachée il y a des millions d’année. C’est une terre où les espèces animales et végétales, endémiques ( propres au pays) conservent la mémoire de ce qui la reliait au grand continent. C’est un “monde“ original riche d’une diversité naturelle extraordinaire.
Sa population est elle aussi multiethnique. Sur les hauts plateaux les premiers installés (les merinas) venus de Bornéo et de l’Indonésie entre le 3ème et le 10ème siècle,  sont des cultivateurs de riz et des éleveurs de Zébus. Vinrent ensuite les “Côtiers“ de différentes ethnies est africaines, et enfin des commerçants indo-pakistanais ( les Karanes) qui se sont difficilement assimilés aux ethnies existantes car ce sont souvent de riches entrepreneurs, très jalousés.

Arrivé à Tana (raccourci local), je m’installais à l’ hôtel Saka Manga qui allait être mon PC, tenu par de jeunes français, c’était le rendez-vous des routards et des aventuriers. Une grande table collective était le lieu permanent de discussions  et la plaque tournante d’un échange d’information entre les arrivants et les résidents permanents. J’avais un relais sur place qui allait me permettre d’effectuer les bonnes rencontres : c’était Bodo la présidente de “femmes artisanes Malgaches“, mariée à un haut dignitaire du régime du Président Ratsiraka, elle avait installé chez elle un atelier réservé aux femmes artisanes qui souhaitaient avoir quelques revenus supplémentaires pour améliorer leur condition de vie. Grace à Bodo, je pus très vite centrer mon action et obtenir les rendez-vous indispensables à ma mission.
Tana-Le-Zoma.jpegPour compléter mes recherches, il suffisait de flâner chaque vendredi sur “le zoma“ , le grand marché du centre ville où l’on pouvait trouver de tout dans une ambiance bonne enfant, mais où il fallait être prudent, car les Pickpockets y étaient habiles et nombreux.
Circuler à Tana est difficile, les embouteillages y sont permanents et la pollution de la ville souvent étouffante. Les taxis sont constitués essentiellement de voitures françaises anciennes, j’ai circulé en 4CV, en Arondes, en 203 , mais la reine c’est la 4L, facile à entretenir peu consommatrice de carburant, pas trop chère à l’achat et pouvant transporter jusqu’à 5 personnes.

La ville est entourée de collines, 7 comme à Rome, aiment à dire les locaux. Au centre ville la principale colline est occupée par les Grands Hôtels, dont le célèbre Colbert , la poste centrale, les Administrations d’Etat et le palais Présidentiel. J’aime cette ville malgré la “misère“ qui s’y étale au grand jour, car c’est aussi un haut lieu d’histoire et de culture.

(A suivre      

Photos du jour : vive le personnel soignant !

Covid-Infirmiere.jpg                Infirmiere-Covod.jpg

 

Publié le 10/05/2020 @ 11:21  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Samedi 9 Mai - 48ème chronique  -  par Webmaster

48ème Chronique du Cousin Jacques – Samedi 9 mai 2020
 
J-2.jpgAujourd’hui pas de considérations “philosophiques“ sur nôtre situation.
Je continue juste mon petit récit perso.

Une grande aventure : Les Recyclades d’Uzès (13)

Après cette escapade africaine qui m’a fait renouer avec des images, des senteurs et une culture profondément  enfouies en moi et qui sont revenues avec force me rappeler une enfance de liberté et de découvertes multiples au contact direct d’une nature encore intacte.
Bien sur à l’époque, je n’avais pas conscience que nous étions les occupants indus, de ces pays d’un autre continent dont nous avons bien souvent détruit la culture et les pratiques, pour imposer nos lois et nos morales religieuses.
Nous avons aménagé les transports, créé une administration  à nôtre image, imposé un commerce et une exploitation industrielle des richesses naturelles à nôtre seul profit. Tous les postes importants ont été occupés par des “blancs“, jamais nous n’avons préparé leur indépendance : même ça, leur a été imposé, avec en corollaire  le Franc CFA qui les maintenait dans une dépendance économique avec l’ancien “ Colonisateur“.
Livrés à eux même, souvent dirigés par des potentats exploiteurs et complices, ils n’ont pas pu bénéficier des progrès économiques et se sont lourdement endettés.
Les dirigeants pressés de s’enrichir, n’ont rien investi et tout ce qui avait été construit par la France s’est délabré (ponts, chemin de fer, bâtiments…) et est devenu inutilisable.
J’ai constaté cette situation à Madagascar, au Mali et en Côte d’Ivoire notamment.  Mais même à la Réunion, département français, à part les élus, tous les postes administratifs importants étaient occupés par des Métropolitains (préfets, recteurs, directeurs départementaux, proviseurs de Lycées….), sans oublier l’ horreur des “enfants de la Creuse“ arrachés à leur famille par Michel Debré.

FAO.jpgEn 2011, j’ai participé, en tant qu’expert, à une mission d’un mois de la FAO (Fond Onusien pour l’Agriculture et contre la faim dans le monde) pour la réorganisation de l’enseignement agricole de la grande Ile. Montant de l’opération 200 millions de dollars sur 10 ans, sous forme de prêt à rembourser.
J’ai fait le job avec l’équipe, dressé le constat détaillé d’une situation que je connaissais déjà, après mes nombreux séjours.
Nous avons proposé la création d’établissements d’enseignement, de structures de développement, détaillé le coût financier jusque dans les moindres détails. C’était clair, net précis, mais restait un vrai problème : qui allait prendre la responsabilité de gérer tout cela, aucune des administrations Malgaches n’avait les moyens de conduire ce programme ambitieux, aucune ONG ne voulait prendre le relais, chacun conservait son pré carré et puis la mise en œuvre était conditionnée par un vote du Parlement, or celui-ci n’était pas constitué et on attendait des élections législatives qui étaient repoussées de mois en mois.
Pour terminer sur le sujet, le contrôle de l’utilisation des fonds était bien sur confié à des personnels FAO venus d’autres pays.

Me voilà donc revenu à Uzès, l’équipe a bien avancé, les contacts ont été pris avec les écoles et le planning s’est très vite rempli. Marie et ses deux collègues ont construit un programme de sensibilisation au recyclage, illustré d’images venues des pays du Sud et approfondi par des ateliers pratiques. Pour ma part, j’ai fait avec Michèle le point de la situation sur la participation des Artisans, nous en avions environ la moitié, mais il restait encore des trous à combler. En attendant nous avons réactivé nos réseaux et sollicité tous ceux qui sur place pouvaient nous éviter de trop nombreux déplacements.

Par ailleurs je me suis occupé de trouver en France, de petits atelier de recyclage qui  pourraient compléter nôtre projet. Je me suis déplacé à Rennes et à Paris où j’ai trouvé des  actions originales et je les ai officiellement invités. Chaque semaine j’ai géré  la réception des colis venus des quatre coins du monde avec des objets recyclés qui allaient constituer l’exposition. Aux service des Douanes, ça a été un peu compliqué, bien sur nous avions des factures sur des feuilles de papier libre, sans entête d’entreprise, ni numéro d’identification. Par ailleurs les prix de vente étaient dérisoires au vu du nombre d’objets reçus.
Après avoir essuyé quelques refus d’exonération de droits de Douane, j’ai pris rendez-vous avec le Directeur local, lui ai fait remarquer qu’il n’y avait aucun coût d’achat de matière première, aucune estimation du montant des heures de travail effectué et surtout aucune vente prévue puisque c’était destiné à une exposition. La négociation a été longue et j’ai eu finalement gain de cause. Tous les objets prévus pour l’exposition rentreraient en France gratuitement. Heureusement tout arrivait à l’aéroport de Nîmes et je n’eus aucun autre interlocuteur.

Avec Michèle, nous avions décidé que tous les artisans seraient accueillis chez l’habitant et nous avons commencé à  recenser toutes les familles qui allaient s’engager pour recevoir tous ces gens venus d’ailleurs. Il y a à Uzès une forte communauté protestante qui répondit très vite à nôtre appel, ce qui avec nos connaissances personnelles nous permis de constituer un groupe de partenaires indispensables à la réussite du projet.

2020-05-09.jpgGrace à la municipalité, je pus obtenir que chaque matin avec les artisans, nous puissions aller à la décharge pour récupérer tout ce qui pourrait les intéresser. Pendant la manifestation, cette visite matinale à la décharge produisit chez nos recycleurs un enthousiasme qui ne s’est jamais démenti, tant ils y trouvèrent ce qui pour eux étaient des trésors, sans avoir à les partager, comme chez eux avec un grand nombre d’autres prospecteurs de poubelles et avec une salubrité incomparable, car un premier tri avait été réalisé et que les ordures ménagères n’étaient pas mélangées aux objets dont ils avaient besoin.

Pour moi un nouveau voyage à Madagascar s’imposait, Dechets.jpgcar malgré nos relais, la situation était compliquée notamment pour l’obtention des passeports.

( A suivre)

Alcool.jpg            Annotation_2020-05-02_172403.jpg      

 

Publié le 09/05/2020 @ 13:00  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Vendredi 8 Mai - 47ème chronique  -  par Webmaster
47ème Chronique du Cousin Jacques – Vendredi 8 Mai 2020

j-3.jpgVoilà, c’est fait le déconfinement est lancé et de quelle manière, six ministres pour nous donner les directives (les ordres), qui s’appliquent à tous les secteurs concernés par la reprise de certaines activités.
Je pensais que ça allait être complexe, c’est au delà de mes espérances.
Les écoles vont rouvrir, mais seuls 1 million d’élèves vont y retourner  soit 1 sur 6 avec seulement 30 à 40 % des enseignants concernés. Bon nombre de parents ne vont pas pouvoir retourner au boulot, parce que l’école reste fermée et qu’ils n’ont pas de solution de garde. Pauvres Franciliens condamnés à se déplacer avec la menace permanente d’une amende s’ils transgressent un tant soit peu les règles de circulation.
Vol-doiseau.gifQue l’on réside en zone verte ou rouge, on pourra se déplacer dans un rayon de 100 km, A VOL D’OISEAU, de son domicile, c’est intéressant mais comment les forces de l’ordre vont elles pouvoir apprécier cette décision, la faire appliquer ou “punir“ d’une amende ceux qui ne seront pas respectueux. Par ailleurs on pourra faire plus de 100 km si on ne sort pas de son département d’origine. Pour moi par  exemple, du nord du Gard à la limite de la Lozère, je peux aller me promener au Grau du Roi à 140 km ou au Vigan à l’extrême ouest du département (125 km). 

Lien utile pour calculer "le vol d'oiseau" : VOIR

Les agriculteurs vont pouvoir accueillir, de nouveau, des saisonniers, venus de l’Espace Schengen, si ils possèdent un contrat de travail, comment seront-ils contrôlés, indemnes du Covid ? Beaucoup de commerces vont reprendre leurs activités, mais les bars, les restaurants, les hôtels, les cinémas et les théâtres restent fermés.

Je croule sous les injonctions, mais je retiens quand même, que nous les vieux nous devrons rester à la maison, par prudence. Je suis toujours sidéré par la violence de ces discours qui  imposent et menacent plutôt que de dire, comme l’avait fait De Gaulle en disant : « Françaises, Français aidez moi », ce qui propose autre chose qu’un dictat venu d’en “haut“ et nous tombant dessus comme une chape de plomb… On se sent fautif de quelque chose que nous n’avons pas commis.

8-Mai-1945.jpgAujourd’hui c’est le 65ème anniversaire de la fin de la guerre et la libération de la France,
je n’ai pas l’impression d’en vivre une aussi porteuse d’espoir.

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Une petite note d'humour :

Thermometre.jpgParu dans Le Progès du 4 Mai, article de l'AFP du 3 Mai : Déconfinement : quelles mesures pour les entreprises ?
"... La prise de température, jugée trop intrusive, ne pourra en revanche pas être imposée aux salariés..."
Intrusive ? Dans quel sens?
A moins qu'ils ne pensent à une mauvaise utilisation des thermomètres modernes !
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Une grande aventure : les Recyclades d’Uzès (12)

J’ai passé de bons moments au Burkina et ai apprécié la simplicité des Burkinabés, qui savent rire à l’image de cette soirée festive, où je me suis retrouvé par hasard, seul européen au milieu de jeunes qui dansaient sans retenue.
Attablé devant une bière locale, j’admirai la capacité des africains à se déhancher en rythme, sur une musique locale tonitruante. Au bout de quelques instants, un groupe de jeunes femmes m’a invité à danser et je me suis senti obligé de répondre à leur charmante invitation.
Mes contorsions maladroites, ampoulées ont déclenché une hilarité générale, ce n’était pas  méchant, mais simplement moqueur et je n’y ai trouvé aucune agressivité. De retour à ma table, les jeunes femmes ont engagé une discussion, pleine de leurs interrogations sur l’avenir de leur pays et sur les relations France Afrique.
Par la suite elles ont réussi à me faire revenir sur la piste de danse. Un peu éméché, je me suis laissé aller sans complexe et j’ai passé une bonne heure sur la piste de danse, encouragé par tous les jeunes présents. Moi qui ne danse jamais, j’ai passé là une de mes meilleures soirées.

Unknown.jpegQuelques jours après je quittai ce pays où j’avais été reçu avec simplicité et chaleur. Départ un soir sur un long courrier d’Air France. Mon vol doit faire escale à Lomé capitale du Togo où nous devons changer d’équipage.
Atterrissage  sans problème, mais lorsque nous descendons de l’avion, pour cet arrêt d’1 heure 30, nous sommes surpris de rejoindre l’aérogare encadrés par des militaires en armes et très sévères.
Dès que nous sommes en salle de transit, nous entendons distinctement des tirs d’armes automatiques et à travers les baies vitrées on aperçoit les longues trainées lumineuses laissées dans le ciel par les balles traçantes. Le chef de bord nous informe qu’il y a une tentative de coup d’Etat en ville et que l’équipage va arriver avec beaucoup de retard.

Deux heures plus tard, l’équipage arrive enfin protégé par une escorte impressionnante d’autos mitrailleuses qui les dépose  au pied de l’avion. Nous regagnons vite nos places et juste avant le décollage, le pilote nous averti que dès que les roues auront quitté le sol, nous entamerons un virage très brutal à droite pour nous éloigner des tirs qui résonnent toujours en ville. Jamais dans les nombreux vols que j’ai effectués, je n’ai vécu un virage aussi serré, l’aile droite donnant l’impression qu’elle allait toucher le sol.
Ouf ! l’avion a retrouvé son horizontalité et pris de l’altitude et c’est à ce moment que le pilote nous remercie de nôtre calme et nous annonce : “Nous sommes en panne de pilote automatique, mais ne vous inquiétez pas on va assurer“. 
Rassuré, je me suis endormi  et ne me suis réveillé pour prendre le petit déjeuner avant l’atterrissage à Charles de Gaulle.

Mon premier voyage, de préparation des Recyclades, était terminé, il y en aura beaucoup d’autres.

(à suivre)     

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Publié le 08/05/2020 @ 11:08  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
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